« Good vibes only »
On dirait une phrase douce.
Un autocollant pastel sur une vitrine propre.
Mais ce only…
Il ferme quelque chose.
Je ne suis pas good vibes only.
Est-ce que ça veut dire que je ne suis pas good vibes ?
Non.
Ça veut dire que je refuse de trier l’humain à l’entrée.
Parce qu’autour de nous,
il y a des gens qui tremblent sans bruit.
Des proches.
Des inconnus.
Des cœurs fatigués qui ne cherchent pas à plomber l’ambiance,
juste à reprendre un peu de chaleur.
Good vibes only,
c’est parfois dire à celui qui a froid :
reviens quand tu iras mieux.
C’est confondre lumière et déni.
Sérénité et fuite.
La vraie douceur ne sélectionne pas.
Elle accueille.
Même quand ça déborde.
Même quand ça fait mal.
Je suis good vibes, oui.
Mais des good vibes qui s’assoient à côté de la peine.
Qui écoutent sans corriger.
Qui tendent les bras sans demander un sourire en échange.
Parce que refuser l’ombre,
c’est souvent refuser ceux qui en ont le plus besoin.
Et fermer la porte au nom du bien-être,
c’est peut-être
la violence la plus polie qui soit. À force de vouloir préserver notre paix,
on oublie que la paix se partage.
Ce texte est un fragment.
Il s’inscrit dans un ensemble plus large de textes explorant le corps, le regard et la pudeur.
Il pourra être repris, remanié ou intégré à un futur recueil.

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