Frontières

Et si le féminisme n’était pas une guerre des sexes ?

On parle de girl power.
De communauté.
De sororité dressée comme un rempart.

L’intention est juste.
Combattre le machisme.
Combattre le sexisme.
Combattre la violence.

Mais parfois, la lutte se tord.

Quand le sexisme est combattu par le sexisme.
Quand l’homme devient un bloc homogène,
réduit, isolé, insulté,
y compris ceux qui n’ont rien fait.

Alors une question surgit.
Inconfortable.
Nécessaire.

Est-ce que cette posture ne creuse pas davantage la fracture
entre les femmes et les hommes ?

Mettre de la distance entre un agresseur et une victime,
c’est vital.
C’est protecteur.
C’est nécessaire.

Mais généraliser cette distance,
la transformer en mur,
en frontière idéologique,
est-ce encore protéger
ou est-ce séparer ?

Le féminisme, dans son sens le plus simple,
ne cherche-t-il pas l’égalité
plutôt que l’inversion des rôles ?

Mettre la femme au même niveau que l’homme,
ce n’est pas discriminer l’homme à son tour.
Ce n’est pas reproduire ce que l’on dénonce.

Et si inclure était plus subversif que rejeter ?
Si montrer à l’autre où il se trompe
était plus puissant que l’exclure ?

Quand le féminisme devient
une équipe contre une autre,
femmes contre hommes,
ne confirme-t-il pas, malgré lui,
l’idée même du combat
que certains cherchent à justifier ?

Et si la vraie rupture à opérer
n’était pas entre les sexes,
mais avec cette logique de camps ?

Si chaque femme porte une part d’homme.
Si chaque homme porte une part de femme.

Alors pourquoi continuer à classer,
à réduire,
à résumer un être
à son sexe ?

Peut-être que le véritable féminisme
commence là où l’on cesse de diviser,
là où l’on reconnaît simplement
des humains,
responsables, faillibles,
capables de soutien
indépendamment de leur genre. Tout simplement.


Ce texte est un fragment.
Il s’inscrit dans un ensemble plus large de textes explorant le corps, le regard et la pudeur.
Il pourra être repris, remanié ou intégré à un futur recueil.


Une réponse à “Frontières”

  1. Avatar de Elsa Grindel

    Belle réflexion à portée philosophique !

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