Victor Hugo


  • À la belle impérieuse

    L’amour, panique
    De la raison,
    Se communique
    Par le frisson.

    Laissez-moi dire,
    N’accordez rien.
    Si je soupire,
    Chantez, c’est bien.

    Si je demeure,
    Triste, à vos pieds,
    Et si je pleure,
    C’est bien, riez.

    Un homme semble
    Souvent trompeur.
    Mais si je tremble,
    Belle, ayez peur.


    Auteur : Victor Hugo
    Œuvre : Les chansons des rues et des bois
    Année : 1865
    Texte du domaine public.

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  • Demain, dès l’aube…

    Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
    Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
    J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
    Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

    Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
    Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
    Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
    Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

    Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
    Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
    Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
    Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.


    Auteur : Victor Hugo
    Œuvre : Les Contemplations
    Année : 1856
    Texte du domaine public.

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